Si le verbe entrer reste employé dans la langue courante, notamment à l’impératif "Entrez" ou à l’infinitif "Défense d’entrer", il a presque disparu à la télévision, dans les journaux télévisés, chez les journalistes comme chez les invités, dans les émissions de divertissement ou dans les émissions sportives.
Il y a quelque temps encore, au début d’un match les joueurs entraient sur le terrain, en sortaient et revenaient après la mi-temps : on disait qu’ils rentraient sur le terrain. Aujourd’hui, ils rentrent dès le début, sortent, puis "rerentrent"...
Certes, le verbe rentrer s’emploie sans qu’il y ait l’idée de retour pour exprimer des choses qui pénètrent, s’enfoncent ou se heurtent avec violence : un clou qui rentre dans le mur, des tubes qui rentrent les uns dans les autres, une voiture qui rentre dans un arbre ou même dans le langage familier, lorsqu’il s’agit d’une personne : il lui est rentré dedans.
S’il est également correct de dire, avec le verbe transitif direct, rentrer les foins, rentrer sa voiture au garage, rentrer sa colère, il convient de ne pas employer "rentrer" pour "entrer" quand il n’y a pas d’idée de répétition, de violence ou de retour. Ainsi disparaîtra l’inutile "rerentrer" et le verbe entrer reviendra en usage.
