Entendues çà et là dans les programmes de radio et de télévision, les erreurs de conjugaison sont nombreuses quand on les additionne.
Les plus fréquentes concernent :
le futur : ils acquériront (pour ils acquerront) ; il rejoignera (pour il rejoindra) ; ils résolveront (pour ils résoudront).
le conditionnel présent : "vous avez pensé que vous batteriez" ou "que vous metteriez" pour que vous "mettriez" ou que vous "battriez".
le présent : il promouvait (pour il promeut) ; ils croivent (pour ils croient).
le participe passé des verbes acquérir et conquérir : il a conquéri ou ils ont acquéri (pour ils ont conquis, ils ont acquis).
Dans le sous-titrage, les incorrections régulièrement relevées concernent le présent, qu’il soit :
présent du subjonctif : que nous ayions, que vous ayiez, orthographiés avec un "i" inutile (pour que nous ayons, que vous ayez) ou qu’il ait qui devient à tort "qu’il aie".
présent de l’impératif : les verbes du premier groupe sont par inadvertance orthographiés avec un "s" superflu : "chantes", au lieu de "chante".
ou même présent de l’indicatif : il envoie (du verbe envoyer, premier groupe) écrit "il envoit", et à l’opposé il conclut (du verbe conclure, troisième groupe) orthographié "il conclue".
De même, le futur du verbe conclure soulève quelques difficultés : on le rencontre sous la forme il "concluera" pour il "conclura".
Prononciation :
L’affaiblissement de l’articulation aboutit à un certain relâchement dans l’expression. L’époque veut que l’on parle beaucoup et que l’on parle vite. Les mots se bousculent et la prononciation s’en ressent.
dans les noms se terminant par -stion, le groupe stion s’affaiblit en "ssion" : question devient "quession" ; gestion devient "gession" et suggestion est prononcé "suggession" ; le "è" devenant souvent "é", le mot "suggestion" se confond avec "sujétion".
le "s" se durcit en "z" dans les noms se terminant en -isme : idéalizme,
réalizme, fanatizme.
les "x" sont adoucis dans les mots commençant par "ex" : esspédition,
essportation, ou esscuse.
le "i" dit mouillé est réduit à "y" : miyon, miyeu - chez des locuteurs n’ayant par ailleurs aucun accent régional - pour million ou milieu, de telle sorte que "fusilier" est prononcé "fusillé".
Lettre du CSA de juin 2008
