Baron de Breteuil
La Bibliothèque d’Evelyne Lever met à la disposition d’un vaste public journaux intimes, correspondances ainsi que mémoires oubliés ou inédits. Ces textes, qui font partie de notre patrimoine culturel, donnent la parole aux acteurs de l’Histoire, célèbres ou inconnus. Ces écrits sont présentés avec une préface et des notes simplement destinées à permettre au lecteur du XXIe siècle de les situer dans leur temps.
LETTRES D’AMOUR, MÉMOIRES DE COUR 1680-1716 Baron de Breteuil
Louis Nicolas, baron de Breteuil (1648-1728) fut un homme comblé. Esprit libre et pénétrant, séduisant et séducteur, après avoir mené une brillante vie mondaine, ce cadet d’une illustre lignée commence assez tard une carrière de diplomate en Italie qui lui vaudra la considération de Louis XIV. Le roi lui accorde en 1699 la charge d’introducteur des ambassadeurs et des princes étrangers qu’il conservera jusqu’en 1715. Selon un protocole rigoureux, il conduit ainsi auprès du souverain et de la famille royale les représentants des autres puissances. Ses Mémoires diffèrent sensiblement des autres Mémoires du temps. Pénétrer à Versailles avec lui c’est entrer dans le royaume des symboles.
Au travers de ses descriptions, il démonte les mécanismes du système de cour, de cette vie de perpétuelle représentation, tout en mettant en scène le roi, les princes, les princesses, les courtisans et les hôtes de marque dans le royaume. Pas un geste, pas une attitude, pas un mot qui ne soient dictés par l’étiquette dont le roi est le grand maître et Breteuil, le grand prêtre. Cependant ces fonctions n’empêchent pas le baron de Breteuil de mener une existence passionnée. Avant son mariage en 1697, il est le héros de deux histoires d’amour immortalisées par un roman et une tendre correspondance qui comptent parmi les chefs d’oeuvre de la littérature du XVIIe siècle. Ami des poètes et des écrivains, il protège le jeune Arouet plus connu sous le nom de Voltaire. Des textes aussi différents que ceux que nous réunissons dans ce livre, d’une part un roman complété par des lettres (dont l’authenticité est prouvée par des documents d’archives cités en notes), d’autre part des mémoires historiques, expriment la complexité d’un homme du grand siècle qui ne se laisse pas enfermer dans le carcan des idées de son temps. La partie « romanesque » est un témoignage essentiel sur l’expression des sentiments amoureux au XVIIe siècle, tandis que les Mémoires montrent comment le roi et son maître des cérémonies utilisent le rituel de cour comme un extraordinaire moyen de pouvoir politique.
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