L’Observatoire astronomique de Strasbourg
L’histoire de l’inventaire du patrimoine astronomique
Cet ouvrage est publié dans le cadre de l’inventaire du patrimoine astronomique. Ce projet, fruit d’une collaboration entre le ministère de la Recherche et les services de l’Inventaire du patrimoine, est né du constat que le patrimoine matériel des observatoires (bâtiments, instruments et objets techniques) était bien souvent méconnu. L’inventaire en cours, qui réunit historiens, archivistes, spécialistes de la conservation du patrimoine et astronomes, se traduit notamment par diverses protections au titre des Monuments historiques et par la sensibilisation de la communauté des astronomes à son patrimoine.
Un partenariat original
Recenser, étudier, faire connaître : la démarche de l’Inventaire général du patrimoine culturel s’applique au patrimoine dans son ensemble, et à la totalité du territoire régional. L’étude de l’observatoire astronomique de Strasbourg constitue le point de départ d’une démarche plus large croisant les savoir-faire de la recherche universitaire et des métiers du patrimoine autour du patrimoine matériel et immatériel de l’Université de Strasbourg. Ainsi, la démarche conjointe de l’Université, du service Inventaire et Patrimoine de la Région Alsace et des ministères en charge de la Culture et de la Recherche considère- t-elle l’instrument dans son laboratoire de recherche, le laboratoire au sein du programme scientifique et l’ensemble du campus universitaire dans l’histoire du développement urbain de Strasbourg.
Le livre
Lorsqu’en 1871 l’Alsace est cédée à l’Allemagne, l’empereur Guillaume Ier souhaite faire de Strasbourg la vitrine de son empire. Il décide notamment d’y édifier une université de prestige comprenant entre autre un observatoire astronomique. Cet ensemble, réalisé dans les années 1880, occupe une place stratégique dans le nouveau quartier édifié par les Allemands. Tour à tour allemand ou français, cet observatoire, aujourd’hui encore lieu de recherche universitaire, est le témoin des évolutions scientifiques et techniques que connaît l’astronomie depuis la fin du XIXe siècle mais également de l’histoire politique de l’Alsace. En atteste la richesse de son patrimoine architectural et instrumental, que le public peut découvrir grâce au Planétarium et à la Crypte aux étoiles.
L’ouvrage, après avoir présenté l’histoire de l’Observatoire astronomique de Strasbourg et son activité actuelle, se poursuit par une visite en quatre étapes :
1) le site, à l’extrémité du campus universitaire historique, composé de trois bâtiments aux fonctions distinctes, implanté au coeur du jardin botanique ;
2) les bâtiments, de style néo-renaissance, qui constituent une enveloppe élégante derrière laquelle se cache une architecture particulièrement innovante, tenant compte des instruments fixes et des conditions d’observation, et résultant de la collaboration étroite entre architectes, astronomes, opticiens et ingénieurs ;
3) la collection d’instruments, constituée en grande partie de l’équipement d’origine de l’Observatoire, commandé aux fabricants allemands dans les années 1870, mais également de pièces exceptionnelles par leur valeur scientifique et par leur histoire, comme les sextants ayant appartenu à l’explorateur Alexandre de Humboldt, ou encore par leur ancienneté et leur rareté, tels la grande lunette équatoriale, le cercle méridien et l’altazimut construits par le fabricant allemand Repsold en 1879, l’astrolabe marocain (1209), l’astrolabe occidental (1579) ou le globe céleste de Coronelli (1688) ;
4) la bibliothèque et les archives, dont les collections sont notamment dotées d’ouvrages scientifiques de référence acquis par l’Observatoire allemand à la fin du XIXe siècle, mais aussi d’écrits des grands noms du passé tels que Dasypodius, Tycho Brahé, Kepler ou Galilée.
