Etymologiquement, le mot décade vient du latin decas decadis, transcription du mot grec dekas (dix) et signifie « toute série de dix ».
Au XIVe siècle, le mot décade désigne « la partie d’un ouvrage composé de dix chapitres ou dix livres » : Les Décades de Tite-Live.
En ce qui concerne la durée, la décade a qualifié aussi bien une période de dix ans que de dix jours ou encore de dix mois.
En 1793, dans le calendrier républicain, le sens du mot se restreint à « période de dix jours » et la décade remplace la semaine. La Décade philosophique est d’ailleurs le titre d’un journal politique et littéraire créé en l’an II.
Durant la dernière guerre, le tabac était rationné et le mot décade désignait alors la ration de tabac pour dix jours.
Le mot décennie, quant à lui, est de création plus récente. Il est mentionné en 1890 dans le 19é Supplément du Larousse comme dérivé du radical de décennal, avec ajout du suffixe –ie.
Cependant, on peut trouver chez certains écrivains des emplois de décade au sens de dix ans : « Un moment passa, peut-être un an, un lustre, une décade ; vraiment, je ne saurais dire ». (Georges Duhamel). « Pendant la décade 1860-1870… ». (André Maurois), « « Vivre par années et non, comme il l’aurait fallu, par décades. »(Jean Giraudoux).
Dans son Histoire de la littérature française contemporaine, Pierre-Henri Simon emploie tantôt décade tantôt décennie pour désigner une période de dix ans puis de nouveau décade pour une période de dix jours.
Aujourd’hui, le mot décennie est bien implanté dans l’usage et il convient, pour éviter toute équivoque, de donner aux deux mots leur sens propre, sans tomber dans le piège des faux amis avec le mot anglais decade : décennie (10 ans) et décade (10 jours).
C’est ce que rappelle l’Académie française : « Décade signifie étymologiquement dizaine. En français, le sens de ce mot a été fixé pour désigner une période de dix jours. Le sens de période de dix ans, en anglais decade, est impropre dans notre langue ».
Lettre du CSA de juillet 2010
