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DU BON USAGE DU FRANCAIS
Pays et capitales du monde

Depuis 2004, la Commission de toponymie de l’Institut géographique national révise régulièrement sa liste des Pays et capitales du monde, qui comprend les dénominations des pays ou Etats indépendants reconnus par la communauté internationale.

Comme l’indique l’avertissement figurant en ouverture de cette liste, « il convient d’établir un document prenant en compte les nombreux changements récemment intervenus, tout en offrant aux utilisateurs une information claire et précise leur permettant de faire une distinction entre les noms faisant partie du patrimoine français et les noms locaux, ainsi qu’entre les noms toujours en vigueur et les noms anciens qui ne sont plus en usage ».

Les notes regroupées en fin de liste mentionnent les principaux cas de divergence avec les documents analogues, publiés par d’autres organismes, en particulier par les groupes d’experts des Nations unies pour les noms géographiques (GENUG). Elles indiquent aussi les formes qui ne sont pas recommandées pour l’usage français.

Limiter le nombre de variantes

Le nombre de variantes figurant dans les notes montre combien il est difficile de choisir entre plusieurs formes usuelles acceptables pour ces noms particulièrement importants que l’on suppose d’un usage unique et généralisé, alors que certains prêtent souvent à confusion, voire à controverse.

La publication au Journal officiel du 24 septembre 2008 d’une recommandation de la Commission générale de terminologie et de néologie, concernant les noms d’Etats, d’habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires (liste établie par le ministère des affaires étrangères et européennes), permet d’y voir plus clair. En effet, la Commission s’est efforcée de limiter le nombre de variantes afin d’harmoniser l’orthographe de ces noms particulièrement importants pour lesquels chaque dictionnaire a une graphie privilégiée.

Les Bosniens, habitants de Bosnie-Herzégovine

Les variantes déconseillées pour l’usage français n’ont pas été retenues. Ainsi la Biélorussie est retenue (et non la Bélarusse), la Birmanie (et non le Myanmar), Rangoun (et non Rangoon), le Kirghiztan (et non le Kirghizistan). C’est la graphie traditionnelle française Irak qui l’a emporté sur la forme Iraq. Une seule orthographe a été retenue pour Dacca (et non Dhaka), Abou Dabi (et non Abou Dhabi), Jakarta (et non Djakarta). En perdant son apostrophe, la capitale Djamena a désormais toutes les chances d’être correctement prononcée : ndjamena et non enndjamena.

Suivant les recommandations du GENUD et de l’Institut géographique national, la Commission générale a privilégié le e accentué : le Bélize, le Guatémala, le Libéria, le Vénézuéla, etc.

Elle rappelle que les habitants du Nigéria sont les Nigérians, et ceux du Niger, les Nigériens, que les habitants de Bosnie-Herzégovine sont les Bosniens quelle que soit leur origine : Bosniaques, Serbes, Croates ou appartenant à d’autres minorités de Boznie-Herzégovine. Les variantes orthographiques concernent très peu de noms parmi lesquels le Vietnam ou le Viet Nam, Istamboul ou Istanboul, Mutsamudu ou Mutsamudou, Antananarivo ou Tananarive, alors que l’Institut géographique national recommande la forme française Tananarive.

Les noms les plus usités en français

Les formes retenues sont les noms les plus usités en français. Elles peuvent soit être d’origine française, soit résulter d’un emprunt à une tierce langue. Dans certains cas, les nouveaux noms ont pu se trouver en concurrence avec les noms traditionnels français qu’ils ont progressivement supplantés dans l’usage.
Ainsi en fut-il pour l’Arabie saoudite dans les années 1970. D’abord dénoncée comme anglicisme, la forme saoudite, de l’anglais « saudi » plus proche de l’arabe « sa’ûdi », a remplacé la forme française séoudite.

Ainsi en est-il aujourd’hui pour l’orthographe de la capitale du Sud-Soudan (on devrait d’ailleurs plutôt dire Soudan du Sud). Malgré la colère de plusieurs téléspectateurs qui dénoncent Juba, c’est cette forme qui a été retenue en première position par la Commission, avec la variante Djouba pour les nostalgiques de la forme francisée.

La recommandation concernant les noms d’Etats, d’habitants de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires peut être consultée sur le site de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France : www.franceterme.culture.fr dans la colonne Actualités.

Lettre du CSA de février 2011