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LES REPORTAGES AJP 2013

Cette rubrique a pour objectif de publier tous les reportages issus de nos activités et de montrer ainsi les retombées des voyages de presse que nous organisons ou/ et auxquels nous participons. Nous mettrons aussi en ligne certains reportages de membres de l’AJP dont nous voulons souligner l’importance pour le patrimoine.

PATRIMOINE INDUSTRIEL DES ARDENNES (SUITE)
Remarquables efforts de valorisation : Vendresse et La Macérienne

LE HAUT FOURNEAU DE VENDRESSE : BEL EXEMPLE DE CONSERVATION ET DE DEVELOPPEMENT

Déjà en 2009, l’AJP s’était rendue à Vendresse ; nous y sommes revenus récemment. Mais que se passe t-il donc à Vendresse ?

Eh bien, il y a là le seul haut fourneau qui subsiste dans le département des Ardennes et qui est inscrit à l’Inventaire des Monuments historiques depuis 1972. Inscription méritée.

Ce haut fourneau au bois fût construit sous sa forme actuelle entre 1822 et 1824 par Jean Nicolas Gendarme, un homme qui avait bien compris tout l’intérêt de cette industrie et du site dédié à la production du fer depuis le 16ème siècle. De vastes forêts environnantes ont fourni tout le bois nécessaire au fonctionnement des hauts fourneaux. Celui de Vendresse était déjà présent mais Nicolas Gendarme le modernise et fait reconstruire l’ensemble de l’usine tel qu’on le voit actuellement : le bâtiment lui-même et la halle à charbon. Deux beaux témoignages de patrimoine industriel et d’une direction patronale exemplaire. Si Nicolas Gendarme meurt en 1845, l’activité du site est maintenue jusqu’en 1870. Tout s’arrête ensuite mais le haut fourneau est assez bien protégé et en 1909, on installe autour une...pisciculture qui sauvera probablement le haut fourneau de la destruction totale.

Le haut fourneau de Vendresse est situé dans un endroit charmant mais quelque peu éloigné de tout. Dès lors, comment faire revivre le site, comment y attirer des visiteurs ?

Le parc, élément détente autour du site du haut fourneau

En 1997, la communauté de communes des Crêtes préardennaises rachète le domaine. La propriété est coupée en deux : une pisciculture privée et un espace touristique autour de l’eau et du haut fourneau. Ce dernier, pour sa part, a bénéficié d’une remarquable scénographie spectacle avec une vidéo projection sur les murs du haut fourneau qui évoque l’histoire de ce bâtiment et celle de Nicolas Gendarme ainsi que les gestes du travail du minerai de fer. On vous racontera dans le très beau commentaire comment "la bête" crachait des flammes et rugissait. Un système d’imagerie qui fait revivre le haut fourneau avec un réalisme étonnant (bruits, rougeoiements, fumée de la fonte en fusion, coulée de la gueuse)... Une qualité des aménagements extérieurs, la réhabilitation des bâtiments, les choix muséographiques et...les poissons (dix aquariums avec une trentaine d’espèces) ainsi que les espaces nature et la nouvelle cafeteria devraient pouvoir attirer les visiteurs sur ce lieu de patrimoine industriel d’une part et de détente d’autre part.

Le haut fourneau dit "La Bête"

Le haut fourneau de Vendresse est un atout culturel indéniable de cette région ; il se bat depuis longtemps pour survivre et redynamiser un vaste territoire rural.

LA MACERIENNE DE CHARLEVILLE-MEZIERES : une ancienne usine en deshérence mais qui va enfin connaître sa renaissance

La Macérienne vue d’en haut

Qu’est-ce que la Macérienne ? Une usine construite à la fin du 19ème siècle, en face des fortifications de Mézières et qui fût l’usine emblématique de Clément-Bayard, grand constructeur de vélos puis d’automobiles et même d’avions. Le noyau primitif de la Macérienne est toujours bien visible avec son inscription à l’entrée. Construite en 1894, elle le fût avec de bons matériaux et "parée d’une enveloppe d’inspiration classique" comme le souligne René Colinet qui fait les présentations de cette friche avec le chef de projet. Rappelons que cette friche industrielle a fonctionné jusqu’en 1984, période récente donc. L’état de dégradation est actuellement impressionnant mais le projet de réhabilitation est tout aussi impressionnant. Déjà en 1991, on procède à un "nettoyage" qui fait disparaître les deux tiers de l’usine sauf le "noyau primitif" et l’atelier Eiffel. Les inondations de la Meuse en 1995 n’avaient pas arrangé les choses. Cette attachante usine de Clément-Bayard fût construite là où elle se trouve pour plusieurs raisons : prix des terrains libérés par l’armée, proximité de Paris, présence d’une importante retenue d’eau aménagée en 1890 et main- d’oeuvre métallurgique de qualité. Lorsque le dépôt de bilan intervient en 1984, le site est acheté cinq ans plus tard par la municipalité de Charleville-Mézières.

De tout cet ensemble usinier de l’époque , il reste actuellement deux bâtiments très représentatifs de l’architecture industrielle de la fin du 19ème siècle : le grand atelier de mécanique, impressionnant encore aujourd’hui et le petit bâtiment des turbines qui lui est accolé mais aussi le bâtiment dit Eiffel. Le grand atelier est un exemple rare dans la métallurgie ardennaise d’une usine à étages avec trois niveaux éclairés par de larges fenêtres et reliés par un monte-charge encore présent.

Grand atelier

Triste période donc après 1984 et qui voyait toujours des fermetures d’usines plus que centenaires. Et pourtant, actuellement, les actions de réhabilitation du patrimoine industriel sont devenues fréquentes et l’on connaît de belles réussites récentes. Il existe manifestement un vif intérêt pour les industries "d’avant" et la Macérienne, la belle usine de Monsieur Clément-Bayard, n’échappe pas à cet engouement. Enfin, l’industrie pouvait "faire patrimoine". Dès lors, on s’intéressa à un projet de réhabilitation avec, bien entendu, toutes les difficultés, financières d’abord. Mais le projet a finalement été monté petit à petit et actuellement, en 2013, les choses se précisent nettement. Il faut dire que le combat fût de longue haleine mais que certains événements ont pu aussi aider : un colloque de l’APIC en 2000, journées de stage en 2002, exposition en 2005 mais aussi mise hors d’eau et nettoyage du grand atelier et sécurisation de l’atelier Eiffel. Le combat patrimonial de la Macérienne se poursuit ; un million d’euros aurait été dégagé pour la seule centrale des turbines que l’on pourrait voir refonctionner avec son tableau électrique d’origine. Les premiers travaux de dépollution probablement au cours de cette année après 30 ans d’abandon.

Pour vous rendre dans les Ardennes en train : http://www.voyages-sncf.com

Georges LEVET

LA VIDEO TOURNEE PAR FRANCE 3 :


"La Macérienne" : une ancienne fonderie bientôt... par France3-Champagne-Ardenne