L’AJP visite les Ateliers d’art de la RMN-Grand Palais

L’Atelier de moulage du Louvre et des musées de France.

L’Atelier de moulage du Louvre et des musées de France. Photo Georges Levet.

Le matin du 1er février, une quinzaine de membres – journalistes et membres associés – de l’AJP se sont retrouvés dans l’Atelier de moulage du Louvre et des musées de France, à La Plaine Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, à l’invitation de la RMN-Grand Palais. Cet atelier, installé depuis 1997 dans un ensemble de nouveaux quartiers d’entreprises et d’habitations, et dirigé par Sophie Prieto, possède un patrimoine de 6000 moules et de 3000 modèles conservés sur d’impressionnants rayonnages : de la Vénus de Milo, aux Marianne de nos mairies, en passant par le célèbre Ours blanc de Pompon. Les conservateurs parlent de reproduction plutôt que de copie, terme qui ouvre à de possibles interprétations.

Fondé en 1794, un an après l’ouverture du musée du Louvre, l’Atelier de moulage a tourné à « plein régime » tout au long du XIXe siècle, pour étoffer les collections de sculptures antiques de nos musées, moulées en particulier en Italie, et pour répondre aux demandes des Ecoles des Beaux-Arts, où le dessin d’après modèle était la discipline reine. Dans les années 1920, l’Atelier du Louvre a fusionné avec celui du musée des Monuments français (l’actuelle Cité de l’architecture), avant qu’un incendie l’oblige à trouver d’autres espaces, à La Plaine Saint-Denis en l’occurrence.

L’Atelier de moulage du Louvre et des musées de France

Photo Philippe Royer

Dans les années 1960, moulages et plâtres ont connu un désintérêt, avant de revenir en grâce ces dernières années. Aujourd’hui, l’Atelier compte six mouleurs, et reste l’un des très rares sites où les conservateurs de musées confient les originaux à mouler. Un travail qui passe par plusieurs étapes, que Sophie Prieto nous a brillamment commentées, et peut prendre plusieurs semaines pour les pièces les plus détaillées.

Il nous a suffi de faire quelques mètres pour entrer dans l’atelier d’impression de la RMN-Grand Palais, d’où sortent les estampes qui seront présentées au Palais du Louvre, à partir du 21 février (et jusqu’au 20 mai), dans l’exposition « Graver pour le roi. Collections historiques de la Chalcographie du Louvre ». La chalcographie désigne la collection de cuivres gravés du musée. Collection royale, elle a été constituée pour l’essentiel sous Louis XIV, à l’initiative de Colbert, qui a passé commande aux plus grands graveurs de son époque. Le Louvre possède aujourd’hui 14000 plaques, qui vont rejoindre ses futures réserves à Liévin (Pas-de-Calais). Le musée a sélectionné les plus belles pour cette exposition. Huit d’entre-elles font l’objet de 10 ultimes tirages chacune dans l’atelier d’impression, dont neuf seront vendus à la boutique du Louvre. Car chaque tirage écrase un peu plus chacun des plaques. Sinon, l’atelier sort quotidiennement de ses presses 4 ou 5 estampes, anciennes, modernes, ou contemporaines, sous la houlette de son responsable Bernard Dupré, imprimeur taille douce, estampes qu’on retrouve aussi en boutiques. Un artisanat d’art dont l’atelier reste le dépositaire.

Compte rendu de Philippe Royer
Grand reporter Beaux-Arts & Patrimoine
Pèlerin

Quelques uns de membres de l'AJP à la visite de l'Atelier de moulage.

Quelques uns de membres de l’AJP à la visite de l’Atelier de moulage. Photo Georges Levet.

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